[Vidéo] Atlas Electronic, la Mecque de la culture électro au Maroc, est née

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Tim Buiting Photo & Film
C’est au fin fond de la palmeraie de Marrakech, à une demi-heure de route du centre ville, qu’on découvre la Villa Janna, antre de prédilection des adulateurs de rêves éveillés. La maison d’hôtes, emplacement éphémère du nouveau-né des festivals de musique et d’arts marocains, porte son nom à merveille; entre ses bâtisses en terre crue, ses immenses rideaux de palmiers et ses étendues d’eau, on se croit très vite au paradis.

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Mais c’est compter sans la basse provenant d’une sono juste parfaite, qui vient vous titiller l’oreille et pousser votre curiosité à aller faire un tour du côté de l’amphithéâtre, revêtu pour l’occasion d’un somptueux atours de tapis rouges.
À l’Atlas Electronic Festival, tout est pensé au millimètre près : des premières nécessités comprenant une infirmerie totalement équipée et opérationnelle grâce à Dr. Badr, Dr. Younes et Dr. Simohamed, médecins urgentistes et ambulanciers, au service de navettes assuré par Bachir le responsable logistique, ainsi qu’à la sécurité omniprésente, discrète et agréablement rassurante.

« J’ai tout aimé et le spot reste un des plus beaux au Maroc » Festivalier Marocain.

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De midi à quatre heures du matin, les festivaliers se promènent entre les trois scènes : les bars, les resto-snacks, en passant par la chill-zone Made In Marrakech, où des mini-salons sont disposés d’un air nonchalant, piquent une tête dans la piscine et bien évidemment dansent. Bref, à l’Atlas Electronic Festival tout invite à la détente et à la spontanéité. C’est donc tout naturellement que les artistes se lâchent les uns après les autres, bercés par la convivialité du cadre enchanteur. Des artistes peintres, sculpteurs, graphistes nous ont ébloui de leur créativité et de leur talent avec d’une part des œuvres temporelles comme celles proposées par l’équipe de Light-Painting et d’autre, des tableaux réalisés au fur et à mesure que les heures, les jours passaient. Du talent, du bonheur et des émotions de jour comme de nuit.
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Mais qu’en est-il du line-up, des DJs, de la musique quoi !?

…Me demanderez-vous. Et bien j’y arrive.
 L’Amphithéâtre romain a été témoin d’une magnifique cérémonie d’ouverture, orchestrée par les Maalems Gnaouis sous l’égide de Houssam Gania en fusion avec le dj-producteur anglais James Holden, suivi d’un set 100% Hadra Electro de DexLeMaffo accompagné par la troupe marrakchie de la Deqqa. Les festivaliers ont eu le plaisir de découvrir la fusion des rythmes folkloriques marocains en harmonie avec la musique électronique, créant ainsi une alchimie mélodique et rythmique transcendante à tous les niveaux.
Le deuxième jour a été marqué par un live show hors normes du duo nippon Opal Sunn, composé d’Al Kassian et Hiro, signé sur le label indépendant Planet Sundae, ainsi que par le duo napolitain basé à Berlin, Nu Guinea, qui ont surpris l’audience avec un mix hybride à base de sonorités Disco et et Slo’mo House sur les notes d’un clavier synthétiseur Korg. Ceci a donné vie à un mix éclectique, délicat épuré et super dansant !   Et pour une clôture en beauté,  Khalil Ryahi et Steven Pieters pour un B2B à base de sonorités Acid, Techno et House made in Holland !

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C’est donc dans cette atmosphère chaleureusement intimiste, qu’entre leurs sets les artistes s’accordaient une pause dûment méritée pour discuter entre confrères, avec le public et pour se faufiler dans la peau d’un festivalier ordinaire et aller danser sur le dancefloor de la scène adjacente. On a donc eu le plaisir de voir Molly, Kosme et Bambounou s’éclater sur les sons de Gerd et Serge, Adil Hiani, Cesar Merveille et Vadim Svoboda et une bonne partie de la team Cosmo Records, taper du pied sur Coco de Masomenos. Ces derniers nous en ont aussi mis plein les yeux avec leur mapping de monstre(s). Et il y en avait pour tous les goûts. Quatre jours de musique électronique dans tous ses états, DVS1, Boris Werner, Ryan Elliott, Matan Klevan, Wu15 (K15 + Henry Wu), Polyswitch, Julian Alexander, Taylan Alan, Lando, Kornél Kovács ou zid ou zid comme disent les Mrrakchis. Ils étaient plus de 40 artistes à tous nous faire planer entre classiques de la Detroit Techno, beats afro-électro et mélodies orientales, sur platines vinyles ou cds, à la flûte, ou encore à la darbouka et au hang. Une extase des sens.

 « Je n’avais pas assez entendu parler de l’Atlas Electronic mais je suis agréablement surpris par la qualité de l’organisation de ce festival » Festivalier Tunisien

Julian Alexander – Nu Guinea – Anil Aras – Philou Lozoulo
Du côté de la piscine, on passait d’atmosphère chaude et chill en après-midi, à complètement déjantée en soirée, le tout sous l’oeil bienveillant du crew de Be-At.tv qui a tout streamé en direct. Pareil sur le toit, où l’équipe de Red Light Radio s’est installée dans un espace intimiste aux allures de campement sahraoui et que pendant trois jours, des sets, des lives et des jams ont eu lieu. On y a vu et écouté ACID ARAB faire une deuxième partie durant laquelle le plus fatigué de nous se voyait entrain de danser. Alors que quelques heures plus tôt, on avait eu le droit à un superbe set électro-oriental d’Hervé Carvalho et de Guido Minsky,  à l’Amphi stage, avec des visuels à l’effigie de la culture maghrébine signés Kalamour, qui a délaissé le temps d’une soirée, ses feutres et ses pinceaux pour nous laisser littéralement bouche bée devant le génie de son exécution visuelle alliant à la perfection la modernité à l’héritage marocain. Ce contraste récurrent pourrait résumer le festival, si ce n’est le foisonnement d’expériences, de rencontres et de découvertes qu’offre ce nouvel eldorado.

« À chaque fois que je viens au Maroc, je retrouve quelque chose de spécial, d’assez pur et d’assez intense. Tout était réuni pour qu’on passe un bon moment à l’Atlas » Kosme.

Masomenos - RLR - Molly
Masomenos – RLR – Molly
Certes, les journées étaient ponctuées de mélanges et de fusions PCs vs Qraqeb, DJs vs. Maalem Gnaoua, à l’instar de James Holden & Maalem Houssam Gania durant la soirée d’ouverture ou encore de Jugurtha, BeatuniQue, Nu Guinea et du groupe Bana le dernier jour ; il n’en demeure pas moins que le fil conducteur qui ne s’est jamais perdu lors de ce marathon artistique restait la découverte pure, simple et décomplexée. Pas de chichi et de protocole entre les organisateurs et le staff qui ont fait preuve d’un professionnalisme exemplaire, et entre les artistes et le public qui étaient en parfaite osmose. C’est ce que nous expliquait l’un le fondateur du festival, Karim Mrabti. « Je ne veux pas de « VIPsme », et si ça ne plaît pas et bien tant pis, je préfère avoir moins de monde mais garder l’essence de ce festival qui reste l‘esprit de partage » a-t-il expliqué. Le ton est donné, et ce n’est pas pour nous déplaire. Et comme on va avoir un peu de mal à tout vous raconter, on a tenté de concentrer ces quatre jours de folie en 4 minutes…

On serait vous, on préviendrait les gens au boulot dès maintenant et on bloquerait une bonne semaine du 24 au 27 août 2017, parce que la team de l’Atlas Festival n’a même pas fait ses valises qu’elle prévoit déjà des feux d’artifices pour sa seconde édition.
LIEN FACEBOOK DE L’EVENT
Pour écouter ou réécouter les moments magiques du rooftop de Red Light Radio: RLR compte Mixcloud Officiel 
Et pour revoir l’ambiance du Pool Stage c’est du côté de Be-At.tv que ça se passe : Atlas Electronic Day 2
Cover Pic © Tim Buiting Photography & Film
Co-écrit avec Badr Khiyat aka Dex Le Maffo.

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