Tunis, capitale de la danse !

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Marchés populaires, avenue Bourguiba... les artistes s'invitent partout. © DR

« Libre dans son corps, libre de danser c’est résister » est le thème de la célébration aujourd’hui de la 14ème édition de la manifestation chorégraphique « Tunis capitale de la danse ».

Organisée par l’association Ness El Fen, la manifestation a démarré aujourd’hui dans le cadre de la célébration de la Journée internationale de la danse.

Cette célébration s’est voulue cette année, selon Sihem Belkhodja, présidente de Ness El Fen, une manière de montrer, après les événements tragiques du 18 mars (acte terroriste du musée du Bardo), que la danse et la création artistique en général ne peuvent se concevoir et s’exercer qu’en résonance avec les clameurs et bouleversements des temps présents.

En partenariat avec la représentation du Centre international de la musique (CID-Unesco) à Tunis, le programme débute aujourd’hui jusqu’à 18H00 avec l’opération « Feux Rouges » dans les artères stratégiques de la ville de Tunis et ses banlieues (Centre ville, El Menzah, le Bardo… ), avec la mobilisation de plus de 100 danseurs.

Consacrée essentiellement à la création tunisienne, la programmation qui se poursuit jusqu’au 3 mai comporte une panoplie de spectacles présentés par une nouvelle génération de chorégraphes.

Les représentations auront lieu aujourd’hui dans deux espaces culturels de la ville: la salle « Le Mondial » et au « 4ème Art ».

La salle « Le Mondial », accueillera à partir de 19h00 le célèbre chorégraphe Imed Jemaa avec son spectacle « Houssa » (75 minutes).

Avec son groupe de danseurs interprètes, Imed Jemaa propose un spectacle sur « le Moi et l’Autre ».

Le spectacle est présenté comme suit « Tout le monde parle en même temps, personne n’écoute plus l’autre. Chacun a quelque chose à dire, retrouve la parole, prend la parole, a des projets, a les meilleurs projets , a des idées, devient expert. En bref, tout le monde se croit génial et le meilleur au quotidien, tout se dérègle, se dégrade, se détraque, se dissout. C’est la confusion, le gâchis, la pagaille et l’incohérence ».

A partir de 18H00, les amateurs de danse auront rendez- vous à la salle 4ème Art avec Thouraya Boughanmi dans « Aswat » ou « Voix » présenté comme une approche de la création scénique que l’artiste expérimente depuis cinq ans en convergence avec un mode de composition musicale et picturale par strasses successives, par boucles et par couches successives.

Dans cette création, l’improvisation trouve un vaste champs d’action dans la mesure ou rien n’est figé.

Il s’agit de donner à voir un spectacle vivant en constant mouvement et perpétuel changement.

La chorégraphie décline « l’histoire d’un groupe de survivants retardataires qui arrivent à bon port mais avec des corps en lambeaux et des âmes meurtries ».

Après « Aswat », le public aura rendez-vous à partir de 20h00 avec « Bles » (35′), une interprétation de danse et d’expression circassienne de Houda Riahi et Malek Zouaidi :un duo hanté par des souvenirs de pas, de sauts et d’acrobaties… pour danser, trébucher le sol, faute de ne plus pouvoir voler dans les airs, afin de tenir encore la corde dans le chagrin d’une lourde peine, celle de la mort.

Source : TAP