Ses débuts, sa carrière, Ibiza, la Tunisie .. Djebali nous dit tout [Interview]

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  • Comment as-tu  commencé ta carrière musicale ?
 J’ai commencé à acheter et à mixer des vinyls quand j’avais 15 ans. Et, là, j’ai 33 ans. Donc, ça fait maintenant 18 ans.
J’ai commencé à Paris avec un pote qui s’appelle Yan. On a commencé à écouter la musique électronique via des émissions de radio. Il y avait des émissions de Dan Ghenacia et  Cyril K qu’on adorait. On n’avait pas l’âge de sortir en club. À l’époque, on écoutait sur Radio Nova, le dimanche soir, avec mon pote et on essayait d’aller en semaine chez les disquaires, essayer de trouver ce qu’on aimait bien .C’était pas souvent facile parce que à l’époque c’était que Vinyl et c’était beaucoup de promos. On galérait avant de trouver un morcaeau. Maintenant, avec l’internet, c’est vite fait.
    • Tu as vécu à Paris. Peut-on te considérer un old school ou bien tu fais partie de la nouvelle vague d’artistes 
Quand j’ai commencé à mixer, y’avait beaucoup de chose intéressantes et y’avait plein de soirées. C’était principalement une scène locale. Y’avait des invités, mais, ce qui prédominait, c’était vraiment la scène locale et, après, ça s’est un peu cassé la gueule dans les années 2000. Je suis de la culture Club. Je suis limite de la rave,  mais je n’ai pas connu ça.
Là y a vraiment une nouvelle vague qui arrive. Y’a des nouveaux jeunes qui produisent super  bien, je me considère comme la génération juste avant, mais c’est cool de voir la scène parisienne en pleine ébullition.
      • Tu es quand même un acteur de la scène avec tes soirées « IDeal Juice ».
Ideal Juice ont commencé il y a 5 ans et ça fait 3 ans et demi que je suis au Rex Club. J’ai commencé en étant approché par le Social Club qui voulait que je fasse la soirée chez eux et au bout d’un an. J’avais de bonnes relations avec le Rex Club, où  j’avais déjà joué pour eux pas mal de fois et le boss du Rex Club, Fabrice Gadeau, qui  m’a dit : « Comment ça se fait que tu n’es pas chez nous ?».

 

      • Dans une soirée Ideal Juice, on y trouve quoi ?
Ça colle et ça varie selon mon style de son. Ce sera Groovy, Funcky et Happy. Tu ne tomberas pas sur un set super Dark. Ce n’est pas le thème de ce que j’aime.
Mes  influences sont  plutôt américaines,  de San Francisco. La tendance darl electro, c’est pas du tout celle dans laquelle je suis.
      • Tu es contre courant ?
Non, je ne le pense pas. La scène s’est tellement développée qu’avant y’avait vraiment des courants distincts. C’était plutôt house un moment donné après c’est devenue  plus minimale. Aujourd’hui, je pense que tout le monde peut cohabiter plus facilement parce que y’a beaucoup plus de fans qui suivent la musique électronique.
      • Et pourquoi, selon toi, aujourd’hui, y’a beaucoup plus de public ?
Honnêtement, je ne sais pas mais je suis content (rires). Je pense que c’est l’effet internet. Avant, pour être dans cette musique là, il fallait faire l’effort de se déplacer et de s’intéresser. Aujourd’hui, ca t’arrive un peu directement comme info, c’est plus facile.
      • Tu parlais du label « Djebali » en disant que tu l’avais fait sans vraiment savoir où tu allais en sortant tes titres à toi. Aujourd’hui, tu en es où ?
Je l’ai créé, comme tu dis, juste pour faire ma musique sans avoir d’obligation. Faire ce que je voulais quand je voulais, donc que pour sortir ma musique.  C’est pour ça que c’est comme mon nom. Je ne pensais pas faire signer d’autres artistes. Et, en faite, j’ai vu qu’on commencé à m’envoyer des morceaux et j’ai décidé de produire leurs morceaux. Cela s’est fait naturellement et doucement, je ne l’ai pas du tout cherché, je n’avais pas de plan précis à l’époque.
      • Pour Djebali, c’est quoi le « jus idéal », parfait ?
Mon jus préféré, si je dis l’eau ça fait fade (Rires). Je bois souvent en soirée la Téquila.
      • Des projets à venir ?
Il y a les remixes de l’album que j’ai fait qui s’appelle « Five », sorti tout juste y’a un an. Là il y aura les remixes d’Andress, Arapou, Terranceterry et StashieTommie. Je suis très heureux des remixes, Ils sont supers bien.
J’ai des remixes pour le label Fuse pour Dj Pierre, le papa de l’acid house. J’ai des sorties pour GetPhysical.
Je vais lancer un rendez-vous mensuel. Chaque mois, il y aura un track gratuit à télécharger via des plateformes internet dont le premier sera disponible à la fin du mois de Janvier. Des tracks à moi. Mon label c’est vinylonly, mais, au final, beaucoup de gens n’y ont pas toujours accès  parce qu’un vinyl ça reste cher, quand même. Donc, du coup, je voulais offrir un morceau par mois à ce qui s’y intéresse.
      • Tu as l’occasion de jouer en Tunisie ? Est-ce que tu es en train de suivre la scène ?
J’allais souvent en Tunisie en étant petit avec mes parents.  Après à l’âge de 12 et 13 ans, mon père n’y allait plus, donc j’y allais plus aussi. J’allais à Tunis et au Kef. Après,  j’ai été contacté pour jouer en Tunisie. Je ne savais pas à quoi m’attendre. J’ai été super surpris, les gens étaient à fond, ils kiffaient la musique et ils s’y intéressaient. Il y avait des locaux qui me parlaient de trucs que moi-même je ne connaissais pas. J’ai halluciné et c’est très prometteur.
      • Qu’est ce qui a été le tremplin de ta carrière ? Qui t’a aidé à jouer davantage partout dans le monde ?
J’ai vraiment senti une différence dans ma carrière quand j’ai eu la chance de jouer à Ibiza qui m’a clairement propulsé. J’ai joué à Circoloco avec Dan qui était résident là- bas. J’ai aussi sorti beaucoup de morceaux à ce moment là.
C’est un peu ce combo qui a fait que ça a fonctionné derrière. Il ya beaucoup de gens qui suivent Circoloco et qui ont commencé à suivre  après ce que je fais.

 

      • Donc la recette secrète, c’est la production et les bons lieux ?
Y’a un facteur chance que tu ne contrôles pas, mais si tu produis et que tu es régulier dans la production et qu’il y a une cohérence dans ce que tu produis, c’est une base très solide pour pouvoir monter.
      • Des fois, on dit qu’il suffit de produire, seulement, un bon track.
Oui, mais, ça tu le sais pas.  Quand tu fais les tracks tu ne sais pas. C’est des surprises. C’est en produisant beaucoup, pas en sortant beaucoup de disques. Après, il faut choisir les bons labels. Il faut avoir une ligne directrice. Mais, si tu es régulier, et tu produis des  sorties de qualité, Il y a de fortes chances pour que cela marche.
      • C’était quoi la réaction de tes parents quand tu leur as dit que tu allais devenir DJ alors qu’ils ne sont pas du monde de la musique ?
Mon père me disait oui, tu fais du boom boom dans ta chambre. C’est sympa, mais va falloir étudier. J’ai obtenu une licence en sport. Mes parents m’ont dit fais ce que tu veux mais finis tes études tout d’abord.
Au début, ils ont eu du mal, mais un jour je jouais dans le sud ouest, ils étaient à coté en vacances. Ils sont passés me voir. Je jouais dans un bar de 22H à 2h du matin en plus il y avait un saxophoniste, un piano et une percussionniste.
Ils sont venus.  Le bar était en feu. Les gens étaient comme des fous. Les patrons les ont reçus royalement et là mon père a vraiment capté et il m’ dit : «  ah oui, c’est ca ce que tu fais dans ta chambre, ca se passe comme ca, vas-y continue. »
De me voir en situation, il a pris conscience de ce que je faisais.
      • La première fois que tu as dit à ton père que tu je vais jouer à Ibiza, quelle a été sa réaction?
Il savait que j’étais Dj, déjà. Il était content pour moi. Il avait cette vision que tu voyais dans les reportages qui sont faux. Depuis,  mes parents sont venus 3 fois à Ibiza. Ils ont vu et ils adorent et ils reviennent chaque année.
Après, à Ibiza, on nous montre qu’on fait la fête 24h/24, ce qui est totalement faux. A Ibiza, y’a ce coté fête,  mais c’est très familial, un lieu pour détendre aussi.
Tu montes dans l’avion pour Ibiza, tu trouves des familles parmi les passagers. L’ile est assez grande. Il y a la partie fête,  mais,  tout le reste, c’est très zen et repos. L’ile est magnifique. Tu fais ce que tu veux à Ibiza la fête ou du Yoga. Tu as toutes les possibilités.
      • Le fait que Paris se réveille, ça t’aide à devenir plus productif ?
C’est clair.  Quand tu es dans la ville et qu’il se passe plein de chose, ça te pousse et ça t’inspire. Moi, ça m’aide à être productif. Si je sors à Paris et que je vois un jeune qui apporte un nouveau son,  Je n’ai qu’une seule envie : celle de rentrer chez moi et de bosser.
Couverture de l’article : Groovety

 

 

 

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