On a interviewé DANNY DAZE pour vous. Immersion dans le monde de l’artiste anticonformiste.

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11 Septembre 2015, Daniel Gomez passe derrière les platines de la scène « Desert Oasis » à Marrakech lors de l’Oasis Festival. On a beau essayer de définir son genre, mais dès qu’on se dit « Eureka ! j’ai trouvé son style! », le track qui suit nous remet très vite à notre place, avec un groove tout aussi puissant que différent du précédent. Mais, ce qui est certain, c’est que son charisme ne faillit jamais ! On a pu le constater durant l’interview que nous a accordée durant l’Oasis festival l’afro-cubain, originaire de Miami et basé à Berlin. On a donc tenté pour vous de mettre des mots sur la versatilité musicale de cet artiste incernable :
PB : Pourquoi es-tu passé de Daniel Gomez (ton vrai nom) à Danny Daze ?
Danny Daze : Il n’y a jamais vraiment eu de différence entre les deux. Ma mère a choisi ce nom lorsque j’avais 13 ou 14 ans. Elle pensait que j’allais continuer à être un « DJ de mariages », et elle m’a dit « tu dois avoir un nom cool ! », je me suis dit « ok, pourquoi pas ». Donc, il n’y a aucune différence entre Danny Daze et Daniel Gomez.
PB : Ta maman a l’air vraiment cool ! Est-ce-que tu peux nous en dire plus sur le rôle qu’elle a joué dans ta carrière ?
Danny Daze : C’est simple, je ne serais pas là sans elle ! C’est elle qui m’a acheté mon premier « DJ System » à 14 ans.
PB : A partir de ce moment-là, tu avais déjà en tête l’idée d’intégrer l’université d’audio-ingénierie, dont tu es diplômé et a été majeur de promo ?
Danny Daze : Je pense qu’en fait, mon but a toujours été de réussir, mais d’une façon spéciale : je voulais juste que les gens sachent quel type de musique je produisais sans pour autant, faire les plus grosses ventes d’album du moment. Ne pas faire du commercial, ça ça a été mon objectif n° 1, et je pense qu’il a été atteint.
PB : Est-ce-que ce que tu as appris à l’université te sert encore aujourd’hui ?
Danny Daze : Pas du tout ! J’ai beaucoup plus appris en regardant des vidéos sur Youtube.
PB : Donc, quel serait ton conseil pour les jeunes producteurs ?
Danny Daze : Aujourd’hui, on n’a pas besoin d’aller à l’université pour percer. Maintenant, n’importe qui peut devenir un chirurgien neurologue ou cardiologue simplement en cherchant un peu sur internet. Si on veut savoir comment réaliser un LFO, faire passer le filtre et comment le relier à l’isolateur etc…, Il suffit d’aller sur Youtube, pas besoin de comprendre la physique, la dynamique, tout ce genre de trucs. Donc oui, je dirais Youtube.
PB : Comment définirais-tu ton style, ta signature musicale ?
Danny Daze : Ma signature consiste dans le fait que je n’ai pas de signature ! Certes, je suis très influencé par l’electro des 80s, mais quand il s’agit d’essayer de me définir, je n’essaie pas d’être « quelqu’un », je ne copie personne. Ma signature se définit par le fait que je ne sais même pas où je suis, artistiquement parlant, et que je ne veux pas être connu comme une définition. Par contre, je peux parler de mon style car on me voit souvent comme un artiste très influencé par l’électro et par des sons agressifs, tout comme je peux être influencé par l’opposé total, en l’occurrence une musique très soft.
PB : En 2014, tu commences ton « Extensive Worldwide Tour » et tu lances ton propre record label. Comment tout ça s’est passé ?
Danny Daze : Tout ce qui a été sorti sur le label est sold out, ce qui est vraiment impressionnant pour moi, vu que je n’ai jamais fait d’annonces officielles au sujet de ce label, et je ne compte toujours pas le faire. C’est la raison-même d’être du label; le fait que la musique se vende toute seule. Je dirais donc, que pour l’instant, oui tout va pour le mieux.
PB : Je te cite « Plus le spectre est large, mieux c’est » en parlant des genres de tes productions musicales, penses-tu t’inspirer un jour de la culture nord-africaine ?
Danny Daze : Absolument, oui ! Je suis en train de chercher des artistes qui jouent d’un instrument appelé « Juka » ou autre, que ça soit au Maroc, en Tunisie ou en Egypte, pour avoir de différentes influences.
Mes racines sont afro-cubaines, je pense donc que les fusionner aux sonorités nord-africaines serait un très bon atout. Malheureusement, c’est ma première fois au Maroc, donc je pense me donner encore un peu de temps pour explorer tout ce que cette région a à offrir.
PB : Peux-tu nous expliquer comment le réalisateur Gaspar Noe, et le peintre moderniste Piet Mondrian, peuvent constituer quelques-unes de tes majeures inspirations ?
Danny Daze : J’adore tout ce qui est symétrique, j’aime particulièrement toute musique qui est bien définie. Les tableaux de Mandrion, par exemple, sont caractérisés par des zones qui sont soit jaunes, ou vertes ou bleues, ce qui est similaire à mon envie que chaque élément commence et s’arrête à un certain point. Je m’identifie à cette perspective dans ma manière d’organiser mes beats.
 collage danny daze
En ce qui concerne Gaspar Noe, je pense qu’il est l’un des plus talentueux cinématographes au monde. Pour moi, il est la plus grande inspiration que je puisse prendre du cinéma, et le fait que l’on peut y faire autant d’expériences que l’on souhaite sans que personne ne puisse te dire ce que tu es supposé faire, ou que tu as tort. Des gars comme Gaspar Noe ont déjoué la conjoncture, en démontrant que la cinématographie pouvait être perçue d’un angle tout à fait différent de la norme. Et regardez-le, ce mec est phénoménal. Il a réalisé beaucoup de gros projets indépendants. C’est comme ça que ça marche pour moi.
PB : Peux-tu nous en dire plus sur tes futurs projets ?
Danny Daze : Alors, j’ai un album en préparation pour Omnidisk qui sortira en 2016. Et cette année, j’ai un EP pour Omnidisk toujours, et quelques remixes sous Kompakt, et d’autres sorties pour différents labels. Mais mon plus gros projet reste la sortie de mon premier album sous « Omnidisk » l’an prochain.
PB : Comment s’est passé ton set à l’Oasis Festival ?
Danny Daze : J’ai joué un peu tôt (17h) donc je ne pouvais pas trop jauger l’ambiance jusqu’à la dernière heure, pendant laquelle j’aurais aimé rester plus longtemps. Mais c’était vraiment cool, ça me tenterait de revenir au Maroc l’an prochain.
PB : Tu as été au Calypso dernièrement où a eu lieu l’ « ELLUM Showcase » organisé par le Collectif Handmade. Quelles sont tes impressions sur le public tunisien ?
Danny Daze : C’était complètement différent de ce à quoi je m’attendais. Je ne m’attendais pas à voir autant de gens. Le club était bondé, c’était vraiment bien. J’ai été très agréablement surpris. J’ai envie d’y retourner le plus vite possible.

 

Cadeau de la maison, son dernier remix, sorti sous KOMPAKT.

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