Eric Prydz : « OPUS ? J’ai fait ça en 30 minutes !  » [Interview]

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On parle beaucoup d’Eric Prydz, on en est conscient, mais là il s’agit d’un des plus grands moments de sa carrière, avec la sortie de son nouvel album « Opus », ses sorties en tant que Cirez D et tout le succès qu’il a connu ces derniers mois. Ce n’est pas encore fini, car à partir du 12 février il entamera une petite tournée (déjà sold out) avec son show avant-gardiste EPIC 4.0.
Eric Prydz a été reçu dernièrement au « Hall Of Fame » sur la BBC Radio 1 avec Pete Tong pour une interview où il a révélé des détails qui risquent de vous surprendre.
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Le même jour, il a enchaîné avec une interview pour Apple’s Music Beats 1 avec Zane Lowe, où beaucoup de sujets ont été évoqués, et on a choisi ceux qui devraient particulièrement vous intéresser
Z: Comment savez-vous qu’un morceau est fini ?
E: Les tracks sont très rarement finis. Pour moi, ça a toujours été  « et si j’ajoutais un petit truc ? « 
Z: Avez-vous déjà été satisfait à la fin d’une session studio, disant « Je ne peux vraiment rien ajouter à ce titre » Lequel a été le plus récent ?
E: « Opus » que je viens de sortir. Je l’ai fait en une demi-heure.
Z: Allez, attendez une minute. Vous avez fait le tout en juste une demi-heure?
E: J’avais besoin d’une ‘finale’ pour « EDC Las Vegas ». J’étais dans un ‘Bus Tour’ J’avais deja le refrain, et j’ai du parcourir des centaines d’idées que j’ai eu, et à un moment je me suis dit, « Oh, oui, j’aime ça », mais il n’était pas fini. C’était un 6 bars, alors que normalement ça aurait du être 8.
Z: Je pense que beaucoup de vos fans l’ont remarqué, vous avez jamais été un de ces DJs ou producteurs qui ont essayé de faire des collaborations avec de grands noms, ou même à avoir un peu d’aide et trouver un moyen plus facile de faire de votre titre un succès, vous devez avoir un moyen de tout mener vous même, il y a une mentalité derrière tout cela ?
E: Oui. La mentalité est : le morceau est au-dessus toute autre chose, il faut pas essayer de faire de compromis
Z: Vous devez avoir subi des pressions à un certain moment pour mettre des paroles et des vocaux sur vos titres ?
E: Oui. J’ai connu cela avec une très célèbre maison de disques indépendante au Royaume-Uni, où le big boss est littéralement venu au studio, comme dans les films, avec une mallette pleine de billets de 100 £.
Z: Et tu t’es dit « Non, cela ne fonctionne pas pour moi. » ?
E: Oui. Je savais que si je faisais ce disque de la façon qu’ils  voulaient, je ne pouvais pas tolérer cela, ça ne serait plus vraiment moi. Ça aurait pu devenir un Numéro 1 au Royaume-Uni. J’ai fait ça avec d’autres projets comme « Pjanoo », qui était un morceau instrumental que j’ai fait. Il était  numéro 2 au Royaume-Uni et tu sais c’est pas facile pour un titre instrumental. Seal a écrit un vocal pour le track, c’était incroyable ! Timbaland a fait quelque chose aussi. On a eu tout cela, mais ça allait emmener le titre dans une voie que j’aimais pas, et ça me mettait mal à l’aise. Ça aurait pu devenir un énorme succès, un smash ! mais j’ai dit: « Non »
Z: Quel effet ça a constitué pour ta carrière, le fait d’avoir eu un si grand succès au tout début « Call On Me » , désolé mais faut que je le dise, c’était un putain de titre ! On sait que ça vous ressemblait pas, mais ça vous a fait quoi à l’époque ?
E: Je m’attendais pas à ce que ça le soit. Quand on a commencé à le jouer dans les clubs, c’était une toute autre chose, un titre de 7min30 pour les clubs. Après il a été signé à une grande maison de disques, un edit a été effectué et une vidéo …
Z: Avez-vous aimé la vidéo?
E: J’ai aimé la vidéo, mais ça ne me ressemblait pas. Je ne pouvais rien dire ni faire. C’était comme « Vous avez signé cela. On peut en faire ce qu’on veut. « 
J’étais très heureux de « Call On Me » le single,  le fait qu’il est devenu super-succès et tout cela. Au même temps j’étais comme on dirait ‘fier’, Steve Winwood a écrit les mélodies. J’ai ajouté quelques beats, j’ai changé l’arrangement tout autour, et je ne sais comment il y a eu une connexion avec le public. Je suis heureux que tout cela soit arrivé, mais à l’époque je faisais un voyage musical différent. Cela a été juste un projet parallèle que j’ai fait. Il m’a fallu une demi-heure pour le faire, juste une chose amusante en parallèle de ce que je faisais. J’avait deja mon chemin, mes labels, Pryda, l’ensemble des trucs progressive house et le coté techno avec Cirez D que je faisais. Puis tout d’un coup j’avais des fans de ‘Eric Prydz – Call On Me » dans mes shows, quand je commence avec un titre de John Mull il avaient une tête genre  « What? » .
Z: Vous le jouez encore?
E: Jamais, jamais. La dernière fois c’était en 2005. On m’a craché dessus, on m’a hué en 2007 au Canada, pour ma première tournée. Ils devenaient fous parce que je ne jouais pas « Call On Me. » Ils ont tellement pas aimé que la sécurité devait me protéger à chaque fois, J’avais pas le track avec moi.
Z: Étiez-vous membre de la Swedish House Mafia?
E: Non, il y a eu une première version de la Swedish House Mafia dont je faisais peut-être partie. Nous étions super amis, nous avions tous nos studios presque au même endroit, au centre de Stockholm. Puis, en 2004, lorsque « Call On Me » est sorti, j’ai décidé de m’installer au Royaume-Uni, parce que je voulais commencer les tournées comme il le faut. Ils ont continué et ils ont pris le nom, et ont en fait une autre chose.
Z: Ça doit avoir été intéressant de voir vos amis avec qui vous avez grandi avoir un tel succès. Je regarde Swedish House Mafia, et je me dis qu’ils étaient comme le Day 1 pour l’EDM.
E: Oui, je le pense aussi, mais ils l’ont fait d’une manière classe. EDM est maintenant …  les gens ne l’appelaient pas EDM. C’était tout simplement une fête, un rave avec une musique de haute énergie très accessible. Ils sont venus avec l’énergie qu’ils avaient, et ils ont juste vraiment tout fait ensemble. Ce fut une bonne chose que je soit parti je crois, parce que si j’aurais été toujours là, et que j’avais eu mon mot à dire dans tout cela, La Swedish House Mafia ne serait jamais arrivée où elle est arrivée. J’aurais dit  «Non, mec, C’est de la pure merde, Ne fais pas ça. » J’aurais pu tout détruire. Une des meilleures choses qui soit arrivée à la SHM était que j’avais déménagé au Royaume Uni, et qu’ils pouvaient tout simplement faire leur truc.
Z : Le seigneur des ténèbres était parti !
E : Ouais et ils ont fait tout cela de la plus parfaite des manières.
Z : Haha Putain d’Eric Prydz !

 L’intégralité de l’interview ici

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