Djul’z nous parle de Berghain, de sa vision de la scène électronique, et de sa carrière [Interview]

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Présent depuis une vingtaine d’années sur la scène électronique française mais aussi mondiale, Djul’z est un pilier essentiel qui a activement œuvré pour donner à la musique électronique l’éclat qu’elle connait aujourd’hui. Artiste hyper éclectique Djul’z est un Dj complet et le spectre de la musique électronique n’a aucun secret pour lui.
Nous avons eu l’occasion de lui poser quelques questions sur sa vision de la musique électronique et certaines périodes du passé.

 

  • Certains disent que la musique électronique a fait le tour. Tu es d’accord avec cette vision ? Y’aura un futur ?
Oui, il y en aura un. La musique électronique a évolué surtout à travers les avancés technologiques. C’est comme ca qu’elle est née avec l’invention des samplers, des synthétiseurs et des boites à rythme.  La prochaine révolution musicale qu’il y aura encore une fois lié à la technologie. Mais la ce qui s’est passé, c’est une musique qui a beaucoup changé, qui a beaucoup évolué, qui s’est réinventé tout les ans quasiment entre 85 et 96 et après qui se répète un peu depuis 5 , 6 ans. La nouvelle génération refait ce qui se faisait au début. Là, il y a plus de réinvention mais c’est normal, c’est une musique qui a 30 ans, quand tu compares avec le rock ou le Jazz, y’a eu des périodes d’inventivité après ça se ralentissait donc là, la techno est arrivé au même stade que le rock dans les années 80 ou le Jazz dans les années 60 ou à force de changer de forme de s’inventer,de se réinventer, y’a eu le rock, le jazz avec des gens qui choisissait des courants certains sur le classique Jazz, d’autre sur le bibop, le fusion pareil pour le rock et puis les gens choisissaient mais y’avait pas de réinvention et la c’est la même chose dans la musique électronique, y’a des gens qui ont choisi la Techno, d’autre la house, d’autre l’electro… et puis ça passe plus au moins d’une mode à l’autre mais y’a rien de nouveau. C’est le cycle normal d’une musique qui existe depuis 30. On est juste arrivé à sa maturité.
  •  Bass culture Residency, tu as réussi à maintenir le concept pendant 20 ans et ca marche encore qu’elle est le secret ?
Je ne sais pas, je pense que c’est un mélange de pas mal de facteurs, c’est déjà le faite que, j’ai un bon rapport avec le Rex, on s’entend bien, il me font confiance et on a jamais changé de politique. Tant que ça fonctionnait, il y avait pas de raison d’arreter et moi de mon coté si ça ne marchait pas il m’aurait mis dehors. Ils ne m’ont pas gardé par amitié. La réussite des soirées bass culture, je pense c’est un équilibre, une vraie personnalité musicale, une identité sans être figé dans le passé. J’aime mélanger les styles donc ça me donne certaine flexibilité musicale sur ma soirée tout en gardant mon identité. J’ai trouvé dans chaque nouvel artiste, chaque nouvelle tendance, quelque chose qui correspondait à moi et à l’identité de la soirée.
  • J’ai cru comprendre que tu étais attiré par la musique du Benelux? Tu as aussi vécu à New York ? Qu’est ce qui t’attire dans cette musique ?
Les premières soirées Bass Culture, j’avais invité des Djs Belges et Hollandais. Je suis un mélange de tout ca. C’est peut être pour ça que je ne me suis pas reconnu complètement dans le son French Touch, parce que j’avais vécu à New York. Mes premiers gigs à l’étranger ont été en Angleterre, en Belgique, en Hollande donc très rapidement ma culture musicale était plus large et plus mixte que quelqu’un qui n’avait jamais quitté Paris. Mes influences sont à la fois Américaines, Belges, hollandaises, Anglaises enfin tu vois. Mon son, c’est un melting pot de tout ça qui a fait ma personnalité mais pas identifié que je fais que du Detroit ou du Chicago ou que du minimal.
J’ai peut être cette richesse qui fait que je peux plus facilement m’adapter sur plusieurs facettes
  •  Berghain/ Tu y as joué depuis 2003 c’est dernière année c’est une sorte de temple. C’était comment en 2003 ? Alors que c’est qu’aujourd’hui qu’on en parle du Berghain
La première fois ou j’ai joué au Berghain en 2006 je crois. Enfin, au Panorama Bar. J’y joue plus trop maintenant mais je suis très content d’y avoir joué à cette époque là. Déjà la grosse différence, c’est qu’à l’époque, le Berghain c’était pas la salle ou que beaucoup de gens alllaient. La salle ou y’avait la meilleure musique et la meilleure clientelle. C’était en haut c’était au Panorama Bar. Ce qui s’est passé depuis 3, 4 ans c’est que ca a changé. La salle principale, là ou les gens vont, ou il y a le publique le plus pointu, les Djs les plus pointus c’est en bas. Moi, c’était l’inverse, le panorama Bar fermait plus tard que le Berghain. C’était l’époque ou la House avait pris le dessus qui dominait la scène Berlinoise alors que maintenant la Techno a repris le dessus donc j’y suis allé à l’époque ou la musique de Berghain et le Panorama Bar me correspondait vachement plus et plus surtout c’était un peu moins touristique, c’est toujours un club super respectable, s’ils veulent que j’y retourne, j’y retournais avec plaisir mais je suis content d’avoir connu cet époque, j’y jouais une fois par an de 2006 à 2015 donc j’ai connu les plus belles années.

  • Des nouveaux projets en cours pour bass culture records ?
Oui, un Ep de moi qui est sortie y’a un deux ans et en faite je fais faire des remixes par Sebo K, Dj Skill, MP et ca vient de sortir. C’est des réinterprétations par des artistes que j’aime bien.
  • Et toi quand est-ce que tu prévois de sortir un EP à toi ?
Oui, j’ai un morceau qui sort sur Pop Corn sur une compilation avec des artistes comme Point G, Amir Alexander. En ce moment, je fais des remixes pour Sebo K, pour Shaz un vieux de la vieille. Je viens de le finir là et je prépare pour la fin de l’année un Ep pour Bass Culture.
  •  D’julz dans 10 ans tu te vois ou ?
Je ne me vois pas du tout arrêter, j’ai ma residence au Circoloco à Ibiza que j’adore. Pour moi c’est la meilleure soirée à Ibiza mais moi je suis bien là. Je suis bien au Rex aussi donc tant que je suis bien. Je change pas.

 

 

 Couverture de l’article © Electronica Beats

 

 

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